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Les barrages marocains connaissent une situation hydrique exceptionnelle. Les apports cumulés depuis le début de l’année hydrologique ont dépassé les 12 milliards de mètres cubes, représentant un excédent de 134% par rapport à la moyenne. C’est un phénomène majeur qui mérite une analyse approfondie.
Une Amélioration Spectaculaire du Taux de Remplissage
Je constate une progression remarquable. Fin décembre, le taux de remplissage national était d’environ 31%. Aujourd’hui, il dépasse les 69%, avec plus de 11,6 milliards de m³ stockés. C’est le niveau le plus élevé enregistré depuis 2018.
Cette hausse est principalement due à une période d’apports intenses. Depuis la mi-décembre, près de 11,7 milliards de m³ sont arrivés dans les retenues, soit plus de 96% du total de la saison. Depuis janvier, les volumes sont même supérieurs à ceux de certaines années hydrologiques complètes.
Des Bassins Hydrauliques Performants
Cette amélioration est généralisée. Plusieurs bassins hydrauliques affichent des résultats particulièrement impressionnants.
- Le bassin du Sebou : avec plus de 5 milliards de m³ d’apports, son taux de remplissage avoisine les 92%.
- Le bassin du Loukkos : son taux de remplissage dépasse les 93%.
Les données montrent que 31 barrages ont déjà atteint un taux de remplissage supérieur à 80%. Cela illustre bien l’ampleur de cette saison pluvieuse exceptionnelle.
Gestion Proactive et Défis Associés
Face à cette abondance, une gestion proactive a été mise en place. Des lâchers d’eau progressifs ont été effectués pour créer de la capacité de stockage et accueillir les nouveaux apports.
Cette mesure vise à protéger les populations et les infrastructures. En résumé, plus de 4,2 milliards de m³ ont été évacués depuis septembre depuis les barrages pleins.
Cependant, cette gestion n’est pas sans conséquence. La combinaison des lâchers et des apports naturels des affluents a entraîné le débordement de certains cours d’eau, provoquant des inondations, notamment dans les régions basses du Gharb et du Loukkos.
Anticiper l’Avenir : Une Stratégie Nationale
Cette situation exceptionnelle s’inscrit dans un contexte de changements climatiques accélérés. Depuis 2015-2020, le Maroc fait face à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, comme les crues soudaines.
Pour y faire face, une Stratégie nationale intégrée de gestion des catastrophes à l’Horizon 2030 est en cours de finalisation. Parallèlement, une étude est menée pour créer un Centre national au sein du ministère.
Ce centre serait doté d’un système intégré de prévision et de surveillance, essentiel pour mieux anticiper et gérer ces événements.
À retenir : Le taux de remplissage des barrages a plus que doublé, passant de 31% à près de 70%. Une gestion proactive des lâchers d’eau est cruciale pour sécuriser les infrastructures et les populations. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, une stratégie nationale et un centre de prévision sont en préparation.
Pour conclure, cette saison hydrique exceptionnelle est une bonne nouvelle pour les réserves en eau du pays, mais elle rappelle aussi l’importance d’une gestion adaptative et d’une anticipation renforcée face à la nouvelle donne climatique.