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Le Maroc se positionne de manière avantageuse à l’orée de 2026, avec des fondamentaux économiques plus solides que beaucoup de ses voisins régionaux. L’inflation est sous contrôle, la crédibilité des politiques publiques est préservée, et la croissance est portée par un cycle d’investissement d’envergure.
En résumé, la question n’est plus de stabiliser l’économie, mais bien de réussir l’exécution des projets ambitieux en cours, notamment ceux liés à la Coupe du Monde 2030.
Une croissance solide portée par les secteurs non agricoles
Je m’attends à une croissance économique solide mais contenue autour de 4,5% en 2026. Cet objectif est cohérent avec l’agenda de relance et de réformes du gouvernement.
La principale incertitude reste la volatilité du secteur agricole, très dépendant des aléas climatiques. Cependant, le véritable moteur de l’expansion sera ailleurs.
- L’industrie
- La construction
- La logistique et les services
Ces activités non agricoles sont celles qui tireront véritablement la croissance cette année.
Une inflation maîtrisée, un atout stratégique
Après les chocs des années passées, la dynamique inflationniste s’est nettement améliorée. Bank Al-Maghrib anticipe une inflation à un chiffre bas pour 2026.
Cette maîtrise des prix est un atout considérable. Elle offre aux autorités monétaires une marge de manœuvre supérieure à celle de nombreux pays émergents. Cela permet de maintenir une politique favorable à la croissance sans sacrifier la crédibilité, le tout dans un contexte de transition vers un ciblage d’inflation plus formalisé.
Consolidation budgétaire : le pilier de la crédibilité
La trajectoire budgétaire reste un axe central. L’objectif est de maintenir un déficit proche de 3% du PIB. Cela traduit une continuité dans l’effort de consolidation, et non un assouplissement.
Les défis à relever sont clairs :
- Améliorer l’efficacité de la mobilisation des recettes.
- Maîtriser les dépenses de compensation et sociales.
- Intensifier l’investissement public et privé sans compromettre la soutenabilité de la dette.
Une position extérieure globalement confortable
La position extérieure du Royaume reste robuste. Les recettes touristiques et les transferts des MRE continuent de jouer un rôle d’amortisseur essentiel face au déficit commercial structurel.
Ces flux permettent de maintenir un niveau de réserves de change confortable, couvrant plus de cinq mois d’importations. Cela limite significativement le risque de tensions sur la balance des paiements en 2026, malgré la sensibilité aux conditions climatiques et à la conjoncture européenne.
À retenir : Le Maroc entre en 2026 avec une économie stable (inflation basse, croissance solide). Le défi majeur est l’exécution efficace des grands projets d’investissement. La position extérieure, soutenue par le tourisme et les transferts des MRE, reste un point fort.
Pour conclure
Le Maroc aborde donc cette année charnière avec des atouts macroéconomiques réels. La configuration est favorable, mais le succès dépendra de la capacité à transformer les investissements massifs en gains durables de productivité pour l’ensemble de l’économie. L’exécution est désormais le mot d’ordre.