Maroc: 500M$ pour l’emploi avec la Banque mondiale

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L’économie marocaine affiche une résilience face aux récents chocs, mais le marché du travail peine à suivre la cadence. Ce décalage persistant entre croissance et création d’emplois est la cible d’un nouveau programme, préparé avec la Banque mondiale, dont la première opération mobilisera 500 millions de dollars pour soutenir des réformes ciblées.

Un paradoxe économique marocain

Le Maroc fait face à une situation paradoxale depuis plusieurs années. Une reprise économique, portée par l’investissement et des réformes, contraste avec une création d’emplois insuffisante. Alors que la population en âge de travailler a augmenté de plus de 10% sur la dernière décennie, l’emploi n’a progressé que marginalement. Les chocs post-pandémiques et les rigidités structurelles du marché ont accentué cet écart.

Les indicateurs d’une fragilité sociale

Les chiffres reflètent cette fragilité. Les taux d’inactivité et de chômage restent élevés, pesant particulièrement sur les femmes et les jeunes. Les pertes d’emplois en milieu rural n’ont pas été compensées par une dynamique suffisante en ville, limitant l’effet d’entraînement de la croissance sur l’emploi global.

Un diagnostic aux causes multiples

Le diagnostic pointe des contraintes sur plusieurs fronts :

  • Côté demande : Le tissu productif est dominé par de très petites entreprises, peu enclines à l’embauche et à l’innovation. Les entreprises à forte croissance, moteurs d’emplois ailleurs, y sont peu nombreuses.
  • Côté offre : L’adéquation entre compétences et besoins du marché reste imparfaite. La participation féminine est freinée par des obstacles sociaux, juridiques et logistiques persistants.

Un programme articulé autour de 500 millions de dollars

C’est sur cette analyse que s’appuie la nouvelle coopération avec la Banque mondiale. Le programme adopte une approche programmatique, avec plusieurs opérations de financement. La première, dotée de 500 millions de dollars, vise à accompagner la feuille de route gouvernementale pour l’emploi, structurée autour de huit axes stratégiques.

Une intervention sur deux fronts

L’intervention cible simultanément la demande et l’offre de travail :

  • Stimuler la demande : Via l’amélioration de l’environnement des affaires, la simplification administrative, la modernisation du droit du travail et le renforcement de la justice commerciale. L’objectif est de permettre aux entreprises productives de croître et de créer des emplois durables.
  • Renforcer l’offre : En misant sur l’employabilité des jeunes et l’intégration économique des femmes. Cela passe par l’adaptation de la formation professionnelle, le renforcement des politiques actives de l’emploi et l’élargissement de l’accès à des services clés comme la garde d’enfants.

Le programme intègre aussi une dimension de croissance verte, en levant les freins réglementaires et financiers qui limitent le développement des secteurs liés à la transition énergétique.

À retenir : Un programme de 500M$ cible le décalage entre croissance et emploi au Maroc. Il agit à la fois sur la demande (en stimulant l’embauche des entreprises) et sur l’offre (en renforçant l’employabilité, notamment des jeunes et des femmes).

Pour conclure

Alignée sur le cadre de partenariat entre le Maroc et la Banque mondiale, cette initiative répond à un enjeu central : transformer la reprise économique en une dynamique d’emplois plus inclusive et soutenable. En résumé, il s’agit de faire du marché du travail un véritable levier de développement, et non plus un point de fragilité.

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