Bassin du Sebou : pluies record et stratégies hydrauliques

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Les précipitations enregistrées dans le bassin du Sebou entre septembre 2025 et février 2026 présentent un bilan très positif. Les apports en eau ont dépassé de 163% les moyennes habituelles pour cette période.

Les cumuls de pluie ont atteint environ 663,6 mm, soit un excédent de 73,2% par rapport à une année normale. Comparé à la même période de l’année précédente, cet excédent est même de 343,9%.

Un impact direct sur le remplissage des barrages

Cette abondance de pluies a eu un effet immédiat sur les réserves. Au 13 février 2026, les retenues des barrages du bassin s’élevaient à 5 347,3 millions de m³.

Ce volume correspond à un taux de remplissage global d’environ 91%. La situation contraste fortement avec celle de l’année précédente, marquée par un déficit hydrique.

Le cas emblématique du barrage Al Wahda

Le barrage Al Wahda, principal ouvrage du bassin, illustre parfaitement cette dynamique. Ses apports ont atteint près de 3 809 millions de m³, soit 169% de la moyenne annuelle.

Près de 99,6% de ces apports ont été concentrés entre mi-décembre 2025 et mi-février 2026. Ce phénomène a porté son taux de remplissage à 93,56%.

Vigilance face aux aléas climatiques

Malgré ces chiffres encourageants, cette abondance impose une vigilance permanente. Le bassin du Sebou reste exposé aux risques d’inondation, nécessitant le renforcement continu des mesures préventives.

Des opérations de lâchers d’eau préventifs et réguliers ont ainsi été menées au barrage Al Wahda. Les débits ont été ajustés en fonction des apports, atteignant ponctuellement 2 200 m³/s pour préserver la sécurité de l’ouvrage.

Des projets structurants pour une sécurité hydrique durable

Au-delà de la gestion de l’abondance, des programmes de long terme sont en cours. L’objectif est de garantir la sécurité hydrique de la région, quelle que soit la pluviométrie.

Plusieurs chantiers majeurs sont actifs :

  • La mise en eau du barrage Koudiat El Borna (12 millions de m³) pour l’irrigation et l’eau potable.
  • La poursuite des travaux des barrages Sidi Abou (200 millions de m³) et Ratba (1,9 milliard de m³).
  • L’avancement du barrage Ribat El Kheir (124 millions de m³) à 18%.
  • La réalisation de petits barrages comme Hamdallah et Meskdal.

Stratégies complémentaires : transfert, dépollution et réutilisation

La stratégie hydraulique du bassin repose sur plusieurs piliers complémentaires. Le transfert des eaux vers le bassin du Bouregreg se poursuit, avec déjà 954 millions de m³ transférés fin 2025.

Le projet de dépollution du bassin avance, notamment via la construction de stations de traitement des margines. La gestion participative de la nappe phréatique Fès-Meknès a également été officialisée.

Par ailleurs, des projets de réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts sont développés dans les villes de Fès, Meknès, Ifrane et Kénitra.

Investissements et gouvernance pour la protection

La réduction des risques d’inondation reste une priorité. Au cours des cinq dernières années, près de 300 millions de dirhams ont été mobilisés pour financer des projets de protection dans les villes et centres ruraux.

Cette approche intègre également la réhabilitation d’ouvrages existants et la conception de nouveaux barrages, comme ceux d’Agdim et d’Ain El Louh.

À retenir : Les précipitations exceptionnelles ont porté le taux de remplissage des barrages du Sebou à plus de 90%. Cette abondance s’accompagne d’une vigilance accrue contre les inondations et d’une poursuite des investissements dans des infrastructures durables pour sécuriser la ressource.

Pour conclure

Le bassin du Sebou connaît une période hydrologique favorable, marquée par des précipitations record et un excellent remplissage de ses retenues. Cette situation positive ne doit cependant pas occulter les défis de long terme.

La gestion intégrée de la ressource, combinant protection contre les crues, développement d’infrastructures, transferts stratégiques et lutte contre la pollution, demeure essentielle. En résumé, l’équilibre entre exploitation de l’abondance actuelle et préparation aux futurs aléas climatiques guide l’action dans ce bassin vital pour le Maroc.

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